français

Approche chronologique

Braille

L'une des découvertes du Déjeuner sur l'herbe, est le point : lorsqu'il réalise Limite entre le béton et l'eau, à partir de la photographie du Déjeuner, Alain Jacquet agrandit l'image à l'extrême jusqu'à ne distinguer plus que les points distordus de la trame. 

L'obsession du Point hante le travail d'Alain Jacquet. Il se passionne pour ses propriétés symboliques et physiques, de façon rigoureusement méthodique, empirique, quasi scientifique. Sa réflexion sur le Point n'est pas une période, un moment de sa vie d'artiste : celui-ci est tant le point de départ de sa création que le résultat d'un modus operandi poursuivi par Jacquet tout au long de sa carrière. Il englobe tout son travail dans un cercle dont "le centre est partout et la circonférence nulle part".

Les expérimentations d'Alain Jacquet sur le point de la trame le conduisent vers le point braille. Pour Helen Keller, le Point est un lien avec le monde ; pour l'aveugle, le point est une unité de sens. Tout se passe comme si le Point Braille contenait, en creux, le monde et sa signification. Jacquet décortique le point, le dissèque, l'analyse. Il le découpe et le fragmente. Jusqu'à le faire partir en fumée avec ses Fumées Braille. Le point se fait synecdoque : une "partie" qui rend compte d'un "tout". Le Point est une sphère, un globe, un monde…

L'artiste pousse la recherche analytique et la quête de sens aussi par des jeux d'associations et de parallèles. Il retrouve dans les six points de la cellule braille les six couleurs de ses Images d'Epinal. Ses obsessions se rejoignent et se confondent. Son travail sur le braille l'entraîne vers une réflexion sur le système binaire, notamment sur le système binaire chinois appelé I-Ching, et sur la question du masculin/féminin, entre alliance et affrontement. 

Alain Jacquet synthétisera tous ces systèmes et ces réflexions dans sa Grande Gaufre, dont chaque bloc est une version en braille des 64 hexagrammes du I-Ching. Cette œuvre en trois dimensions est l'aboutissement de son travail sur le braille, à la fois signifiant et signifié, cercle parfait qui engloberait LE sens et le traduirait pour LES sens.

Avec le Braille, Alain Jacquet donne à voir, à toucher, à lire, il fait parler sa création, en laisse s'échapper de "confuses paroles" et nous invite à entendre, par là, les "correspondances" du Monde... et de son œuvre. 

photo de Installation «Les Fils Electriques», Galerie Yvon Lambert, 1968
photo de Installation «Les Fils Electriques», Galerie Yvon Lambert, 1968
photo de Le tricot de Varsovie, 1969
photo de Portfolio Warsawa, 1970
photo de Portfolio Warzawa, 1970
photo de Maille tricot (édition), 1970
photo de Point braille agrandi, 1970
photo de Fumée braille (jet de fumée programmé), Biennale de San Marino, 1969
photo de Fumée braille (jet de fumée programmé), Biennale de San Marino, 1969
photo de Fumée braille (jet de fumée programmé), Biennale de San Marino, 1969
photo de Machine à écrire le braille, photographie, 1970
photo de Livre Braille, 1970
photo de Livre Braille, 1970
photo de It's a lovely spring day, 1970
photo de Catalogue, 1971
photo de Bathroom Graffiti, 1981
photo de Equivalence braille-I Qing, 1970
photo de Les 64 Kua, 1971-1973
photo de Les 64 Kua, équivalences système binaire, 1973
photo de 64 Kua équivalences I.Ching, 1973
photo de Kûfic circulaire, 1972
photo de La grande gaufre, 1973
photo de Waffle, 1973
photo de Kûfic triangulaire, 1973
photo de Sculpture, 1973
photo de G.O.D., 1980
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